Puisque je thème
Certaines personnes se plaisent à sonder leurs souvenirs même douloureux car elles pensent pouvoir y trouver un objet égaré cher à leurs yeux: un bijou, leur jeunesse ou un sentiment insensé qui n’a plus jamais été le leur.
Et si j’ai souvent trouvé pathétique la manière qu’ont les personnes âgées d’explorer un album de photographies floues, mal cadrées, c’est peut-être parce que je n’ai pas suffisamment pris le temps de m’arrêter au bord d’une route pour immortaliser un bonheur, un sourire.
Mais aujourd’hui, je n’ai plus vingt ans, les fondations de mon existence ne sont plus à bâtir mais à consolider comme une vieille maison que l’on n’ose pas rénover de peur de lui enlever du caractère.
Que me reste-t-il donc à faire si ce n’est écrire? … écrire afin de vous parler d’Elle. Non pas comme un hommage mais comme un ultime souffle de vie. Fasciné tel un jeune homme qui surprend pour la première fois une chute de reins. Épris à la manière d’un écrivain qui à grands renforts d’euphémismes, de virgules, d’hésitations édifie la femme qu’il n’a jamais rencontré dans la rue. Celle qui marche avec la souplesse d’un félin, qui rit la tête inclinée. Un parfum unique appelant les jours de pluie à l’euphorie londonienne et une bouche ayant les jours de soleil le goût des raisins mûrs de Sicile.
Elle était tout à la fois: reine aux mains nues et infortunée drapée d’or.
Avait-elle les yeux marrons ou verts? Cela dépendait de ses chagrins, de ses plaisirs.
Je voudrais vous emmener en voyage, non pas vers Elle mais à travers Elle.
(…) Ceux qui ont déjà pris le bateau savent que le mal de mer survient sans que l’on puisse s’en étonner. Parce que le cœur ne danse qu’avec trop de maladresse la valse des vagues… parce que les courants nous font violemment dévier de notre trajectoire… parce que sur l’océan on n’est à l’abris ni du vent, ni des tempêtes.
Parfois les histoires d’amour sont semblables à une plage triste, le soir, désertée par les enfants, jonchée de goûters, de châteaux saccagés… les restes de marée basse donnent la nausée mais il suffit de ramasser un coquillage, de tendre l’oreille pour entendre le bruit apaisant de la houle qui se déploie voluptueusement vers l’empyrée.
Elle, je l’ai accusé mille fois d’être une sirène: si dangereusement envoûtante qu’elle n’était pas faite pour vivre sur terre.

Commentaires
Par boldemuesli le 21/05/2008 à 23h34
ouah elle fait peur cette femme lol jaime bien le texte mais en particulier la toute dernière phrase "Elle, je l’ai accusé mille fois d’être une sirène: si dangereusement envoûtante qu’elle n’était pas faite pour vivre sur terre."
Par jayr le 14/05/2008 à 23h56
pkoi jane seymour d'abord ? ET comment en être arrivée à elle ? hum hum...
Oh c'est vraiment beau , y a des passages " plus forts " et qui me plaisent vraiment .. une des plus belles choses que j'ai lu pour l'instant sur ton blog ! Et peut etre une desplus construites bizaremment...
J'aime beaucoup... D'où vient donc cette passion pour l'ecriture ... ? ça prend de la forme et du contenu en tout cas
bisous
JR
Par célinda le 04/05/2008 à 23h05
très chère lucie, j'aime beaucoup ce que je viens de lire.
a très vite...
Par polatouche le 01/05/2008 à 20h21
... j'aime... tu le sais... j'avoue que je crois assez au succès de cette histoire su à écrire si justement: on voit vraiment la femme à la tète incliné qui rigole... je dirais que c'est un des meilleurs truc que t'as écrit, enfin, ca commence.
"Le ballet des mouettet dans l'air aigre de la ville maritime. On attrape pas le vent petit."
élan de l'instant qui se cache derriere mes paupières en ce moment... image, éternité... un instant sur terre.
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