RIEN
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J'ai regardé tout à l'heure un téléfilm saisissant sur la rafle des enfants d'Izieu qui a eu lieu en 1944: La dame d'Izieu. Je ne me souviens pas avoir été émue à ce point devant la télévision depuis un bon bout de temps... cette histoire, cette femme, Sabine Zlatin s'ajoute à mon panthéon intérieur au même titre que Lucie Aubrac. Je n'avais pas voulu le regarder avant par peur de ne pas pouvoir supporter, trop lourd et puis finalement ces derniers jours l'envie de savoir. Bouleversée car je suis allée à Izieu, car j'ai vu ces photos d'enfants (44, aucun survivant), les vestiges de ce qu'il reste de cette période où il ont vécu quasiment sereins auprès de quelques adultes protecteurs et bienveillants... on ressort différent d'une telle visite: le piano semble encore raisonner jusqu'au grenier ainsi que les chants libertaires tels que "vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine"!
Il n'y a rien à comprendre quant à la bêtise des hommes mais je traverse ma période "je veux apprendre et connaître ces héros qui ont combattu dans l'ombre, qui ont marché jusque après l'épuisement, qui me donnent envie aujourd'hui de crier à quel point je suis fière d'être dans une France libre où je ne tremble pas chaque jour pour ceux que j'aime."
Klaus Barbie n'aura jamais assez payé pour ses crimes et son attitude durant tout son procès n'aura été que l'injure finale à tous ceux qu'il a envoyé aux portes de l'enfer... misérable personnage, le boucher de Lyon comme beaucoup l'appellent...
"Maintenant que c'est fini, la vie continue" comme le dit l'héroïne en conclusion s'adressant à des fantômes, à ceux qu'elle nomme affectueusement "ses enfants" mais le devoir de mémoire perdure et nous sommes là pour y veiller encore et encore.
Voilà voilà la fin de l'année a sonné, vendredi j'ai dit aurevoir et peut-être même adieu à ce qui me retenait encore au pays des fées et des sorcières, des petits lutins qui couraient dans mes veines...
mon lycée, l'une des dernières images: notre table de travail avec les filles transformée pour l'occasion en salon de thé... on a mangé des cerises à s'en faire exploser le ventre et le prof de géo est venu nous parler une dernière fois, ne s'étonnant même plus d'un tel désordre!
Le soir, sortie théâtre à Montpellier, l'année s'achève sur une touche joyeuse, nos rires dans le bus, nos chansons de Lorca (depuis l'an dernier ce sont un peu devenues les nôtres), les flashs de l'appareil photo et les profs qui posent le sourire aux lèvres, finalement on les aime...
Pas de larmes, un fabuleux bond en avant et en guise de feux d'artifices, le bac à partir du 11.
On déserte dignement, d'autres contrées dans les yeux.
Je vous aime
Il y a ces moments où mes 17 ans reviennent, où ma raison me rappelle à l'ordre, où le soleil brille peut-être moins fort... dans ces moments-là j'écoute cette chanson et je pense à tout ce que je vais faire, à tout ce que j'ai envie de te dire, à tout ce qui fait ma vie... parce que finalement ma vie ce n'est pas que me lever à l'aube pour avoir une coiffure impeccable, ma vie ne se limite pas à la blancheur éclatante de mes perles de culture ou à mon flacon de parfum luxueux, ma vie ne tient pas compte de mes maniaqueries qui attendrissent les autres... ma vie, c'est le bonheur de me réveiller en pleine nuit pour écouter du piano... la joie de connaître les oeuvres de Racine ou Baudelaire, ou Aragon... la satisfaction de commencer à apprecier l'art cullinaire et les secrets d'une cave à vin... mon bonheur c'est de grandir et de devenir quelqu'un d'autre, d'aimer à l'infini.
"I see trees of green, red roses too
I see them bloom for me and you
And I think to myself what a wonderful world.
I see skies of blue and clouds of white
The bright blessed day, the dark sacred night
And I think to myself what a wonderful world.
The colors of the rainbow so pretty in the sky
Are also on the faces of people going by
I see friends shaking hands saying how do you do
They're really saying I love you.
I hear babies crying, I watch them grow
They'll learn much more than I'll never know
And I think to myself what a wonderful world
Yes I think to myself what a wonderful world." (Louis Armstrong)
Moi pour Toi comme Marcel Ceydan et Edith Piaf comme cet hymne